samedi 24 septembre 2016

Ciel d'acier - Michel Moutot

















Merci aux éditions Points pour cette lecture !



Ciel d'acier
Michel Moutot

Chalumeau en main, John LaLiberté, ironworker comme ses ancêtres, sectionne l’acier à la recherche de survivants. Les Twin Towers viennent de s’effondrer sous ses yeux. Depuis le premier rivet porté au rouge dans un brasero, jusqu’à la construction de la Liberty Tower, six générations de Mohawks ont bâti l’Amérique. La légende dit qu’ils n’ont pas le vertige. Peut-on apprendre à maîtriser sa peur ?

Michel Moutot, est reporter à l'Agence France Presse, spécialiste des questions de terrorisme international. Lauréat du prix Albert-Londres en 1999, correspondant à New York en 2001, il a reçu le prix Louis-Hachette pour sa couverture des attentats du 11 Septembre.

Grybouille,

Trois grandes époques, deux dynasties les Rochelle et les LaLiberté,  que vous suivrez en lisant ce roman à la gloire des indiens Mohawks qui ont, par leur investissement, participé à la réalisation des constructions majeures de l’Amérique du nord.

De pilotes de bois flotté en passant par capitaine de bateau à aube sur le Saint Laurent, « Mon steamboat, c’est un gros canoë », à bâtisseurs de building comme « ironworker » six générations d’indiens qui loin de leurs réserves ont tout donné.

11 septembre 2001, les Twin Towers s’écroulent, « Qui peut nous haïr à ce point ? ».
Témoin parmi la foule, John LaLiberté, 43 ans, encore plus sensible à ce qui se passe car son père Jack a participé à la construction de ces tours jumelles.
John est de la 6ème génération de « skywalkers », ces indiens que l’on dit insensibles au vertige. Son vrai nom indien ? « O-ron-ia-le-te » ce qui veut dire « il porte le ciel », le hasard n’existe pas, il sera le digne héritier de ses anciens.

John fera partie avec Andy, son meilleur ami, des ouvriers mohawks qui vont travailler sur la « pile », cette montagne, cette prison d’acier que sont devenus les Twin Towers. Au milieu de l’horreur, de l’enchevêtrement de poutres, des incendies qui propagent des vapeurs toxiques, du premier jour jusqu’à la fin du chantier ils vont vivre leur aventure humaine. Poignant…

Mais ce livre ce n’est pas que cela c’est aussi, un bon dans le temps :

1881,
les rives du Saint Laurent, le réserve de « Kahnawake », les Mohawks, le « peuple du silex » des bâtisseurs, Angus Rochelle a 46 ans, la première génération qui va sortir de la réserve et qui va faire éclater au grand jour les capacités de son peuple…
Ils vont se retrouver dans la grande histoire, pilote sur le fleuve, artiste dans le grand show de « Buffalo Bill », navigants pour la mission de sauvetage de Khartoum au Soudan, constructeur de pont, « skywalkers » dans le ciel de Manhattan, du nord au sud, de l’ouest à l’est, ils vont devenir des spécialistes incontournables.

1968,
à New-York, Jack LaLiberté, 42 ans, son surnom « Tool », il est embauché sur le chantier du siècle, 22 millions de dollars, 500 mètres de haut, 200.000 tonnes d’acier, les tours jumelles de Manhattan.
« Manhattan, c’est l’île des montagnes construites par l’homme.»
Louise son épouse est restée dans la réserve, elle élève John 12 ans et Robert 8 ans.
« Ici, nous écrivons l’histoire, vous pouvez être fiers ! » dit Bill le chef du chantier.


La liaison est faite, de date en date nous suivons les personnages, 439 pages de bonheur livresque…

Le style,

Du meilleur acier dont on bâtit les réputations.
C’est documenté, passionnant, un roman, que dis-je une fresque, un hommage à des hommes courageux, pas un moment faible.

A ne pas douter, nous allons rapidement retrouver Michel Moutot et ce sera pour notre plus grand plaisir.

Des passages,

Les images sont fortes, la chaleur, la poussière et puis « On en a sorti un ! Un flic ! Il est vivant ! Il est vivant ! »

«  Ces tours, nos pères les ont bâties, elles sont à nous. »

« …au grand air, au-dessus de la foule, fiers de bâtir et d’être bien payés. Ils ont de belles maisons, de grosses voitures, des motos, des skydoos, des hors-bords. » Les Ironworkers.

A partir de 12 ans, apprentissage par le jeu : « …respecter sa peur, dialoguer avec elle, peu à peu l’amadouer, apprendre à la connaitre pour l’apprivoiser. »

Un bain, trois feuilles de tabac pour se laver des horreurs de la journée.

« Les Twin Towers sont à nous. C’est nous qui les avons construites. A vous de les mettre en terre. Et de marcher dans le ciel… » Wild Bill Cooper, ami de Jack, le père de John.


Pour le p’tit Duc, c’est un hymne à cette âme indienne qui a nourri et nourri encore les terres américaines, superbe. C’est aussi un voyage dans la culture amérindienne, les croyances, les codes dans la vie des tribus, l’histoire tout simplement…

Ah, oui ! En parlant de voyage, dès 1885, les participants à cette « croisade » au Soudan ont pu visiter le pays grâce à… l’agence de voyages Thomas Cook, incroyable la longévité de cette société encore présente de nos jours…

Je ne peux que vous conseiller de découvrir cet auteur qui ravira le plus grand nombre, parole du p’tit plumier…

@ Bientôt,



Petits dérapages et autres imprévus - Mily Black

Lu en : V.F.
Résumé :  Louise a un job de rêve : elle passe son temps à évaluer des hôtels de luxe dans des lieux paradisiaques. Et tout ça, en compagnie du très séduisant Francis, son responsable. Mais la timidité de la jeune femme l’empêche d’avouer ses sentiments pour son collègue. Et surtout, ce dernier a une règle immuable : on ne mélange pas travail et plaisir. Alors, c’est décidé, elle va demander une mutation et démarrer une vie plus stable, loin de l’irrésistible séducteur ! C’est sans compter sur le destin, qui va profiter du dernier voyage de Louise pour échanger sa valise de pulls sages et pantalons sobres contre des tenues bien plus osées... qui ne laissent pas Francis indifférent. Sous le soleil de la Floride, Louise va tenter de reprendre sa vie en main – avec quelques petits dérapages !



Je remercie les éditions Charleston pour cette lecture !


 
Chronique : Avec les romances historiques "Régence" de la collection Diva Romance j'ai été comblée, j'ai adoré et je continue à me régaler; cependant dans le domaine de la romance contemporaine Petit dérapages et autres imprévus a été pour moi une vraie déception.

Mily Black nous livre une histoire qui aurait pu être digne de Bridget Jones avec de l'humour et de l'amour à flot mais si tout avait bien démarré je dois avouer que je n'ai pas aimé ce roman. Tout d'abord j'ai trouvé que cela avait déjà été fait mais en mieux : plus drôle, plus original, plus sensuel... Si tout était conté du point de vue de l'héroïne cela n'a pas réussi à m'amener à l'apprécier.

En effet lorsqu'on lit une romance il faut impérativement s'attacher à l'héroïne, dans le cas présent je l'ai trouvé assez banale, agaçante même. De même Francis, son patron "séduisant" n'est vraiment pas un personnage masculin charismatique que ce soit dans ses répliques, ses actions : je pense que ce qu'il manquait vraiment c'était le fait qu'on ne suive jamais l'histoire de son point de vue et dès lors le lecteur n'arrive pas à réellement l'appréhender.

Les situations rocambolesques manquaient de piquant, de vie, de rire : c'était soit assez cliché soit assez plat. Ce n'est pas parce que c'est une romance légère qu'il faut que les rebondissements soient assez convenus. Ainsi cela peut être perçu comme un livre frais et sympathique mais cela n'ira pas au-delà. Pour ma part je n'ai pas réussi à m'imprégner de l'histoire ni à prendre réellement du plaisir à la lire.

En définitive, une première déception dans la collection Diva Romance mais je vous conseille vraiment de lire leurs romances historiques comme la saga des Infortunes conjugales


The Mistake - Elle Kennedy

Lu en : V.F.
Traduction : Robyn Stella Bligh
Résumé : John Logan est un star de l’équipe de Hockey ce qui lui permet d’avoir toutes les filles qu’il veut. Mais derrière ses sourires de tueurs et son charme ravageur, se cache un être blessé et inquiet de son avenir qui ne s’annonce pas tout rose. Quand il rencontre Grace, étudiante en première année, et il se dit qu’elle sera la fille idéale pour lui changer les idées. Mais Grace fini par le repousser à cause de son comportement et John va devoir se mettre en quatre s’il veut la récupérer. Grace n’est plus la jeune fille timide et innocente du début de l’année, et elle compte bien lui faire payer son erreur. John va devoir élever son niveau de jeu.


Je remercie les éditions Hugo pour cette lecture !




Chronique : Après The Deal qui lançait une saga prometteuse dans le genre de la romance voici The Mistake où nous suivons les péripéties de John, meilleur ami de Garrett (héros du premier tome).
 
Dans la lignée de la sage Beautiful, la configuration de la saga Off-Campus permet de suivre à chaque fois une romance différente tout en gardant un lien avec les personnages de l'histoire précédente. Cela permet ainsi de ne jamais se lasser de l'intrigue, des personnages et de pouvoir quand même continuer à les suivre de façon indirecte. Ici nous retrouvons John Logan, lui aussi star universitaire de hockey qui est tombé sous le charme de la petite amie de son coéquipier...

Le point fort de ce type de roman est le fait de suivre les deux personnages principaux à tour de rôle : ainsi vous pourrez faire connaissance avec les pensées de Logan mais aussi avec les tourments de la jeune Grace. Que faire lorsqu'on tombe sous le charme d'un homme plus célèbre, plus âgé et plus attirant que soi ? Et bien le fantasme permet d'échapper à la réalité sauf le jour où l'objet de ce fantasme sonne à notre porte par mégarde ! Néanmoins le hockeyeur ne va pas se rendre compte tout de suite de la chance de tomber sur une femme aussi originale et intelligente d'où le titre de ce livre...

J'ai beaucoup aimé ces deux protagonistes, je trouve que ce deuxième tome est aussi bon que The Deal, cela se lit vite et bien et nous permet de passer un moment sensuel et amusant à la fois entre deux pavés littéraires. Cela ne révolutionne pas le genre mais cela remplit parfaitement le contrat initial : celui de permettre au lecteur de découvrir avec plaisir une jolie romance et d'échapper quelques instants au quotidien.

En définitive, j'ai bien aimé ce deuxième tome et je lirai le prochain sans aucun doute ! 



mercredi 21 septembre 2016

Cartel - Don Winslow

Lu en : V.F.
Traduction : Jean Esch
Résumé : 2004. Adan Barrera, incarnation romanesque d’El Chapo, ronge son frein dans une prison fédérale de Californie, tandis qu’Art Keller, l’ex-agent de la DEA qui a causé sa chute, veille sur les abeilles dans un monastère. Quand Barrera s’échappe, reprend les affaires en main et met la tête de Keller à prix, la CIA et les Mexicains sortent l’Américain de sa retraite : lui seul connaît intimement le fugitif. La guerre de la drogue reprend de plus belle entre les différentes organisations, brillamment orchestrée par Barrera qui tire toutes les ficelles : la police, l’armée et jusqu’aux plus hauts fonctionnaires mexicains sont à sa solde. Alors que la lutte pour le contrôle de tous les cartels fait rage, avec une violence inouïe, Art Keller s’emploie à abattre son ennemi de toujours. Jusqu’où ira cette vendetta ?


Je remercie les éditions Seuil pour cette lecture !



French Touch : This novel is one of the best books I've read in my life. Don Winslow wrote a perfect story about the border between USA and Mexico and about cartels !



Chronique : Rares sont les livres d'une telle qualité, écoutez amis lecteurs ! "Bam Bam Bam Bam" cela s'appelle un coup de cœur ! Souvenez-vous de La Griffe du chien, ce chef d'œuvre sur la frontière Mexique-USA, sur le problème de la drogue, et si on pouvait douter qu'une suite pouvait être aussi bonne, Don Winslow nous prouve qu'elle peut l'être et qu'elle peut même être meilleure !

Reprenez le héros américain Art Keller, un homme à la fois désabusé par le système mais qui sait s'en servir, un homme complètement focalisé sur un seul but : Adan Barrera. Ce dernier est son Némésis : un baron de la drogue, le seigneur des cartels...Et il vient de s'enfuir de prison pour mieux régner encore, anéantir tous ses ennemis et mener sur une terre de violence et de vendetta. Si ces deux protagonistes n'ont pas réellement changé et restent tout de même intéressants, le vrai point fort de ce diptyque repose sur les protagonistes secondaires.

Ils ont tous une histoire, ils ont tous des névroses, des émotions exacerbées et une soif de pouvoir ou d'espoir. La belle Eva, la somptueuse et ambitieuse Magda, le ténébreux Eddie... Ce sont eux qui sont vraiment émouvants à mes yeux, peut-être parce que les deux personnages principaux sont définis plus par leur volonté de se détruire mutuellement que par leurs pensées ou émotions dans ce second tome. Je me suis régalée à chaque page : 700 pages de bonheur absolu du fait de savoir qu'on est en train de lire un roman incroyable.

Il y a ensuite l'histoire : Don Winslow arrive à mélanger une histoire fascinante, addictive - où l'on suit de nombreux protagonistes sans jamais se perdre - avec toutes les connaissances emmagasinées, l'atmosphère inhérente aux cartels. Avec ce livre vous allez apprendre énormément d'éléments sur cette guerre contre la drogue, sur le rôle des États-Unis et du gouvernement américain, sur les pays d'Amérique du Sud... C'est tout simplement extraordinaire de voir ce travail de recherche être disséminé au fur et à mesure d'une intrigue.

En définitive, Cartel est un chef d'œuvre comme La Griffe du chien, un livre à lire d'urgence, un classique comme on en lit que trop rarement !