lundi 9 février 2015

#Bleue - Florence Hinckel

Résumé : Depuis la création de la Cellule d’Éradication de la Douleur Émotionnelle, la souffrance psychologique n’a plus cours. Il suffit de se faire oblitérer, et on ressort comme neuf ; seul un point bleu à l’intérieur du poignet garde la trace de cette douleur effacée. L’intervention est obligatoire pour les mineurs. Les adultes, eux, ont le choix. Le jour où sa petite amie Astrid se fait renverser par une voiture, le jeune Silas est aussitôt emmené par les agents en combinaison jaune. Le lendemain, lorsque ses parents viennent le chercher, le garçon se sent bien. Tout n’est-il pas pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

Merci aux éditions Syros ainsi qu'à Madame Delisle-Guijarropour cette très belle lecture ! 








Chronique de Penny Dreadful : Comment faire la chronique d'un livre qui m'a autant bouleversé? Pour un roman dystopique qui parle de l'aliénation des émotions, le moins que je puisse faire est de parler des émotions que j'ai ressenti en le lisant.

Florence Hinckel a le don de mettre le doigt où ça fait mal, et de grossir les traits pour mieux les percevoir de ce vers quoi nous tendons plus chaque jour: avoir une existence régit par le virtuel (réseaux sociaux, télévision, smartphones...) qui nous éloigne de plus en plus de l'émotion, les émissions de pseudo-journaleux et le matraquage publicitaire poussant à la consommation, et qui évitent soigneusement les sujets importants pour détourner notre attention et nous bourrer le crâne avec de la médiocrité sous couvert du divertissement, l'individualisme de plus en plus prégnant qui achève l'entraide et la compassion, bizarrement et à l'opposé lié au voyeurisme des réseaux sociaux, des émissions de télé-réalité, etc.
Le monde des morts-vivants (des morts d'âmes?) que nous retrouvons souvent depuis quelques années dans les romans et autres séries tv, n'est pas si loin que ça...
L'émotion ne régit plus l'humain, alors à quoi bon s'accrocher à ce qui nous relit aux émotions? Les sentiments, les valeurs, l'espoir et oui, bien sûr, l'amour?... Il suffit de vivre en étant une coquille vide ayant la conviction d'avoir un semblant d'existence en étant reliée virtuellement avec tout le monde. Tout cela soigneusement orchestré par ceux qui nous dirigent et pensent pour nous, afin de protéger le système des puissants: les riches toujours plus riches, et les autres qui se raccrochent tant bien que mal aux miettes de plus en plus minuscules qu'on leur laisse.

En ce qui concerne l'intrigue, elle n'est pas très difficile à deviner, et on s'attend aisément aux rebondissements avant qu'ils n'arrivent. Le thème a déjà été abordé dans des films tels que Eternal Sunshine of the Spotless Mind ou encore Equilibrium, mais je pense que la réelle force, la réelle profondeur de ce roman est de permettre de porter un regard clair et une réelle prise de conscience sur le mal-être insidieux qui ronge la société dans laquelle nous vivons, tout en apportant une touche d'espoir.

Les personnages, quant à eux, sont particulièrement touchants. Silas est le genre de personnes qu'on souhaiterait avoir à ses côtés dans sa vie, pour construire de belles choses, vraies et sincères. C'est le genre d'élément dans un roman qui fait prendre conscience de ce qu'il y a de beau dans l'être humain, et que nous semblons oublier petit à petit.

En conclusion, je pense sincèrement que #Bleue est le genre de livre qui mériterait d'être étudié au collège et au lycée. Nous sommes tellement plongés dans notre marasme, nos habitudes, nos petits tracas, le nez dans le guidon, qu'on en oublie de prendre de la hauteur, qu'on finit par oublier l'essentiel. Le roman de Florence Hinckel est une décharge électrique qui réanime, emplie d'émotions, de poésie et d'une vérité criante.

Chronique de :
 



17 commentaires:

  1. Cette chronique me plait beaucoup. :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci beaucoup pour ton compliment Salhuna ^^

      Supprimer
  2. Oh quelle belle découverte. Je suis friande de dystopie alors tu tapes en plein dans le mille! Tu me mets des étoiles dans les yeux avec ta chronique :D

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci beaucoup pour ton commentaire Marie, je suis très heureuse si j'ai réussi à te donner envie de lire ce livre :)

      Supprimer
  3. Eh bien ! Une chronique qui donne vraiment envie de découvrir ce livre =D

    RépondreSupprimer
  4. Une dystopie ? C'est pour bibi! :-)

    RépondreSupprimer
  5. Penny me donne envie de découvrir ce livre!

    RépondreSupprimer
  6. Très jolie chronique, tu m'as donné envie de le lire :)

    RépondreSupprimer
  7. J'étais déjà très intriguée par la couverture... C'est encore pire maintenant !

    RépondreSupprimer
  8. Je n'en ai pas entendu parler du tout mais il a l'air vraiment bien ! Je note, merci pour la découverte :p

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, c'est vraiment dommage que ce genre de livres ne soient pas mis en avant par les libraires et autres...

      Supprimer
  9. Il a l'air génial!!!!Je le VEUX aussi!!!!!!Je pense que la polémique qu'il souleve me plairait assez à découvrir au fil de ses pages!!!!Merci pour la decouverte!!!;)

    RépondreSupprimer
  10. Oh lala j'ai vraiment trop envie de le lire. Je pense que le mois prochain je me l'achète ^^

    RépondreSupprimer
  11. très belle chronique , une vraie analyse sociétale , un investissement réel dans l'avis donné vraiment bravo pour cette chronique!

    RépondreSupprimer
  12. Je suis en train de le lire justement, et il me plait énormément! :) merci pour ton avis!

    RépondreSupprimer